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Alouette et calandre. Buffon, Georges Louis Leclerc; Daubenton, Edme-Louis; Martinet, Francois Nicolas / Planches enluminées d'histoire naturelle / 1765-1783?
Que signifie le mot « Calandreta » ?
Centre interrégional de développement de l'occitan (Béziers, Hérault)

Calandreta [kalɑ̃'dretɔ] est le nom donné par ses fondateurs à la première école associative et immersive occitane qui ouvre à Pau le 5 janvier 1980. Dans le même temps, un projet similaire mené à Béziers, sans concertation avec le premier, aboutit à la création d’une autre école en septembre de la même année. Le terme Calandreta est adopté à Béziers, fédérant les deux établissements : la Calandreta Paulina (« paloise ») et la Calandreta l’Ametlièr (« l’amandier ») sont nées.1 

Qu'est-ce qu'une « calandreta »

Utilisé sur tout l’espace occitan méditerranéen, des Alpes aux Pyrénées, le terme ”calandra” ou “calandreta” (sous sa forme diminutive) désigne en occitan une espèce particulière d’alouette : les alouettes calandre (Melanocorypha calandra) et calandrelle (Calandrella brachydactyla). Par extension, le terme peut désigner aussi l'alouette de manière générique. 

Le mot « calandre », outre le mâle de la « calandra », désigne par ailleurs un apprenti. 2

« Calandrons » et « calandrins »

Comme l’indique l’emploi du suffixe diminitutif “-on” (au féminin “-ona”), que l’on retrouve par exemple dans « pichon », le calandron est un oisillon, le petit de la calandra ; en plus d’un élève de Calandreta, le terme est aussi employé pour désigner un poupon. 3

Le calandrin est, quant à lui, une jeune alouette. C’est aussi le nom donné aux futurs regents lors de leur année de formation à l’établissement d’enseignement supérieur occitan Aprene (“apprendre”). 

Dans un tout autre registre, le calandrin est par ailleurs le nom occitan du caladrius ou caladre, créature légendaire décrite dans maints bestiaires médiévaux sous les traits d’un oiseau, souvent blanc, au chant mélodieux et aux pouvoirs guérisseurs et divinatoires. Ainsi apprend-on dans Aiso son las naturas d'alcus auzels e d'alcunas bestias, imitation anonyme du XIIIe siècle, en occitan, du Bestiaire d'amour de Richard de Fournival :

« S’òm pòrta un calandrin davant un òme qu’es malaut et qu’òm lo gete sus son lièch, se lo Calandrin agacha l’òme a la fàcia, aquò’s signe qu’es per garir mas se virala coa, aquò’s s senhal de mòrt. »4

[« Si l’on porte un calandrin devant un homme qui est malade et qu’on le jette sur son lit, si le calandrin regarde l’homme en face, c’est signe qu’il va guérir mais s’il tourne la queue, c’est signal de mort. »]

Noms de famille

En occitan, l’alouette porte différents noms d’oiseau. 
On emploie pour désigner les membres de cette famille des Alaudidés (familha dels Alaudidats) les termes génériques lausa, alausa, alauda ou lauseta et les variantes alauseta, laudeta...
Mais ces termes peuvent aussi caractériser particulièrement l'alouette des champs (Alauda arvensis).
L'alouette calandre (Melanocorypha calandra) porte aussi le nom de gratisset (n.m.) ou de torrolha (n.f.).
Le cochevis huppé (Galerida cristata) est appelée la cauquilhada, la capurlada.
L’alouette lulu (Lullula arborea) est nommée, quant à elle, lo cotoliu,  la cotolina ou la bedoïda.
Enfin, l'alouette hausse-col (Eremophilia alpestris) a pour nom occitan la calandra mejancièra.

En chansons

À l’instar de la “gentille alouette” de la comptine française, la calandreta figure en bonne place dans le répertoire musical occitan avec le chant traditionnel de la vallée d’Ossau Au verdurèr (« Dans le jardin ») repris et adapté par le groupe Nadau sous le titre Pengabelòt :

Au verdurèr je me n’entrè
Tres arrosetas m’i trobè
Aussau ! Mas amoretas
Aussau ! Jo me n’i vau !
Tres arrosetas m’i trobè
Que las copé, que las ligué
A mas amors las enviarè
Mes qui serà lo messatgèr ?
La calandreta o l’espervèr ?
La calandreta ei cap-leugèr
E l’esparvèr qu’ei mensongèr.
Jo medisheta i anirè !

Dans le jardin je suis entré
Trois petites roses j’y ai trouvées
Ossau ! Mes amourettes
Ossau ! Je viens à vous !
Trois petites roses j’y ai trouvées
Je les ai coupées, je les ai liées
À mes amours je les enverrai
Mais qui sera le messager ?
L’alouette ou l’épervier ?
L’alouette est tête-en-l’air
Et l’épervier est menteur
Je m’en irai moi-même !

Le chanteur gascon Marcel Amont a quant à lui consacré une comptine à la calandreta et aux écoles qui en portent le nom.

(...) Mainadets, qu’avetz tot sabut
Sus l’emplumat e lo pelut
L’esgarrapiaire e lo cornut
Cercam en aqueste coplet
Qui vaden tots los poquets :
Canhòts, porins, anherets
(...)
E que hè la calandreta ?
Calandreta, calandreta
Ausereta valenteta
Pones beròis calandrons
Per Pau, Ortès, Auloron (...)
 (...) Les enfants, vous avez tout su
Sur l’emplumé et le poilu
Le griffu et le cornu.
Cherchons dans ce couplet
Comment naissent tous les petits :
Chiots, poulains, agnelets 
(...)
Et que fait la calandrette ?
Calandrette, calandrette
Petit oiseau vaillant
Tu ponds de jolis « calandrons »
À Pau, Orthez, Oloron (...)5

Et ailleurs ?

Si les écoles associatives occitanes ont choisi un oiseau pour emblème, leurs homologues bretonnes se sont placées sous le signe de la terre en jetant leur dévolu sur le nom de Diwan, qui signifie « germer ». Les Basques de la fédération d'écoles « Seaska » et les Catalans des écoles « Bressolas » ont quant à eux opté pour la symbolique du « berceau ».

 


1. cf. BACCOU, Patrice. L'aventure des Calandretas. In Confederacion occitana de las escòlas laicas Calandretas. Calandreta : 30 ans de creacions pedagogicas. Montpelhièr : La Poesia : Confederacion occitana de las escòlas laïcas Calandretas, 2010. 366p. ISBN : 978-2-914243-14-8. pp.358-362

2. MISTRAL, Frédéric, Lou tresor dóu Felibrige, ou Dictionnaire provençal-français embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne. Aix-en-Provence : J. Remondet-Aubin ; Avignon : Roumanille ; Paris : H. Champion, [1878-1886]. 2 vol. (1196, 1165 p.). ISBN : 2-86673-113-1.

3. Ibid.

4. Chansonnier dit La Vallière. BnF, ms français 22543. Transcription et traduction française : Yves Rouquette pour l'exposition De la natura de quauquas bèstias illustrée par des œuvres originales de Pierre François (collections CIRDÒC).

5. Lou Cèu de Pau, Lous Mandragòts, LABARRÈRE, André. Chants du Béarn. Pau : Lou Cèu de Pau, 1984. 137 p.


 

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La course Camarguaise
CIRDÒC-Mediatèca occitana

La course camarguaise est un sport traditionnel notamment pratiqué dans le Gard et l'Hérault où les participants tentent d'attraper des attributs primés fixés à la base des cornes d'un taureau Camargue. A l’instar de la course landaise, elle ne nécessite pas de mise à mort de l’animal, un boeuf de race Camargue. Bien distincte des autres activités tauromachiques, ce sport fait pleinement partie du patrimoine et des traditions provençales.

1/ Pratique actuelle

Raseteur tentant de décrocher un attribut - Crédit photo. : Olivier Calleriza

La course camarguaise bénéficie depuis quelques années d'un dynamisme spectaculaire, ainsi plus de 900 courses sont organisées chaque année, du mois de mars à novembre, sur l'ensemble de son aire de pratique qui comprend l'Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhône ainsi que le Vaucluse. Toutes les courses se déroulent toujours sur le même schéma, dans le respect des règles traditionnelles.

La course commence par une capelada, où les participants à la course, les raseteurs, entrent dans l'arène pour saluer le public. L'entrée se fait toujours sur l'air d'ouverture de Carmen de Georges Bizet (1838-1875). Une sonnerie de trompette jouant l'èr di biòu retentit alors pour annoncer l'arrivée du taureau dans l'arène. De forme circulaire, l'arène est entourée de barrières au-dessus desquelles les raseteurs doivent pouvoir bondir pour échapper à la poursuite du taureau. Une seconde sonnerie se fait entendre : elle annonce le début de la course.

Pendant quinze minutes environ les raseteurs vont alors tenter de décrocher les attributs fixés à la base de des cornes ou sur le dos du taureau : cocarde, glands et ficelles qui doivent être décrochés dans cet ordre. Chaque attribut décroché rapporte un nombre de points déterminé au raseteur.

Abrivada dans les rues d'Aigues-Mortes - Crédit photo. : Olivier Calleriza

En marge de la course, l'abrivada et la bandida sont incontournables. L'abrivada désigne l'arrivée des taureaux dans l'arène, accompagnés depuis les champs par les gardians de la manade à cheval. En fin de course, lors de la bandida, les taureaux sont ramenés aux prés dans les mêmes conditions. Des attrapaires suivent le cortège cherchant à immobiliser les taureaux ou les faire échapper dans les rues.

2/ Histoire du sport

Si l'on retrouve trace d'activités tauromachiques dès l'Antiquité, les premières mentions de course camarguaise remontent à 1402 avec l'organisation d'une course de taureau à Arles donnée en l'honneur de Louis II, comte de Provence. Les courses taurines ont continué à être pratiquées dans les villes et villages, lors des fêtes. Tous les volontaires étaient alors autorisés à participer et à faire acte de bravoure en allant décrocher des récompenses fixées sur les taureaux lâchés dans les rues de la ville ou du village.

 Lansargues (Hérault) course de taureaux sur la place publique - Coll. Archives municipales de Marseille (33Fi3436)

La course camarguaise telle qu'on la connaît aujourd'hui s'uniformise et se codifie dans le courant du XIXème siècle, notamment sous l'égide de l'écrivain et manadier Folco de Baroncelli, proche de Frédéric Mistral.  


Les taureaux autrefois lâchés dans les villes et villages reviennent dans les arènes, les fleurs et foulards fixés sur le taureau sont remplacés par des cocardes, des primes sont créées pour celui qui ira décrocher l'attribut, enfin les jeunes participants aux courses s'habillent de blanc et deviennent raseteurs : la course camarguaise était née.

Il faudra attendre 1975 pour que naisse la Fédération Française de la Course Camarguaise qui règlemente aujourd'hui l'ensemble des courses.

3/ Acteurs

 Médias :

Fédération Française de la course camarguaise

La Fédération française de la course camarguaise (FFCC) est une association française loi de 1901 fondée le 2 septembre 1975 organisant les trophées taurins. La fédération est agréée par le Ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative français depuis décembre 2004. La fédération recense 2 865 licenciés en 2012.

Consulter le site de la FFCC

4/ Lexique

De nombreux mots du lexique ne sont pas traduits ou ne rendent pas leur valeur d'origine. Certains ne sont pas traduits et simplement prononcés « à la française ».

Abrivado ou abrivada : littéralement élan, hâte. Traduit par « arrivée » ou employé tel quel dans l'usage moderne.

Bandido ou bandida : retour des taureaux aux prés après la course. Littéralement bannir, exiler.

Capelado ou capelada : salut, littéralement « coup de chapeau »

Èr di biòu : air des taureaux

Manado ou manada : troupeau

5/ Ressources

Les sports traditionnels ont fait l'objet d'un projet d'inventaire dans le cadre de la convention de 2003 de l'Unesco sur le patrimoine culturel immatériel. Une fiche d'inventaire complète sur la course camarguaise est téléchargeable sur le site du Ministère de la Culture et de la Communication

Retrouver tous les documents relatifs à la course camarguaise sur Occitanica

 
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Bufa lo Cerç e raja l'Òrb = Souffle le Cers et coule l'Orb / Hélène Morsly
Morsly, Hélène. Metteur en scène ou réalisateur
Maremar. Producteur
Beauron, Guillaume. Compositeur
Réalisé en 2015 dans le cadre du programme d'éducation artistique et culturelle Los Passejaires de Pesenàs (Les Arpenteurs de Pézenas), ce film introspectif d'Hélène Morsly livre une réflexion poétique sur l'appartenance culturelle et l'ouverture sur le monde. Les poèmes de Joan Bodon, interprétés par les élèves du lycée Jean-Moulin de Pézenas, et les films du fonds Michel Cans (collections CIRDÒC) viennent illustrer ce « road-movie » bilingue occitan-français.

Un film réalisé dans le cadre d’une résidence au lycée Jean-Moulin de Pézenas, mise en place par Languedoc-Roussillon Cinéma et lo CIRDÒC-Mediatèca occitana, financée par la DRAC LR, produit par l’association Maremar.
Un supplément a été réalisé en parallèle autour de ces archives, réunissant des entretiens avec Michel Cans, Benjamin Assié, directeur du CIRDÒC, le témoignage de personnes filmées dans les années 1960 ou d'habitants des villages filmés.

Visionner le supplément ...E filma Miquèl Cans...


Le mot de la réalisatrice


« Travaillant sur les questions de cultures et d’appartenances populaires, la marge est étroite et le risque de se retrouver enfermée aux côtés de défenseurs d’une identité excluante est toujours présent. Mais « c’est sur la lisière qu’est la liberté », dit le poète Joan Bodon. Jean-Luc Godard le dit autrement et pareillement : « ce sont les marges qui tiennent le cahier ». Alors restons sur ces marges en répétant sans cesse que la question des racines est multiple, que les appartenances dans une vie sont nombreuses, que le multiple ne s’oppose pas à l’un mais l’enrichit. C’est quelquefois lassant mais c’est la seule voie possible, la répétition.

La chance pour ce projet autour d’archives filmées, pour l’extraire de ce risque de passéisme, c’était de se mettre à l’ouvrage avec des lycéens. À Pézenas en l’occurrence, que Michel Cans a filmé par trois fois.

L’écueil pour ce projet, c’était de le travailler en occitan. De coller de l’occitan à des images en noir et blanc. Il fallait donc éviter dès le départ ces deux chausse-trappe : le rapport au passé et à une langue que d'aucuns croient morte.

Il a fallu mettre de la vie là-dedans, de la vie d’aujourd’hui, de la musique et du désir. Et oui, en occitan, en affirmant cette langue joyeusement et collectivement.

J’ai donc proposé aux lycéens de seconde en option occitan de travailler à partir de poèmes de Joan Bodon qui disent ce monde de l’après-guerre, ces fêtes et ces auberges. Poète majeur, comme Rouquette, dont malheureusement il faut souligner, parce qu’il écrit en occitan, qu’il est universel et important. Les voix des lycéennes et lycéens soutiennent toute la bande son du film,

Et il a fallu que je m’y mette... car je ne parle pas l’occitan. C’est un regret et un appauvrissement. L’appauvrissement de ma génération intermédiaire entre ce monde ancien et cette fausse modernité. Mais je le comprends un peu et j’en garde l’accent. Et je le défends, évidemment, farouchement puisque c’est l’accent de ma mère et de ce monde dont je viens. J’ai donc pris la parole dans ce film, en français ET en oc, en profitant de ce « retour » à l’école avec une enseignante d’occitan très motivée qui m’a aidée en cela, Marie Coulange.

Prendre la parole pour dire ce à quoi je tiens, ce territoire et ce lien. Passage entre les images d’hier et celles d’aujourd’hui, comme un poème filmé, sonore, musical dans lequel s’entrecroisent, se mêlent des paroles diverses, des bouts de poèmes de Bodon lus par les lycéens, des phrases issues des projections des films.

Cette mise en forme sonore a été subtilement effectuée par un musicien, Guillaume Beauron, originaire du Bassin de Thau, installé désormais en Irlande et sensible, comme moi, à ces questions de territoires et d’identités. »
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Vocabulaire occitan-français de l'architecture de pierre sèche / Christian Lassure
Lassure, Christian
Spécialiste de l'architecture vernaculaire et fondateur du Centre d'études et de recherches sur l'architecture vernaculaire (CERAV), Christian Lassure est l'auteur de plusieurs études sur le vocabulaire de la construction et des matériaux traditionnels de l'espace occitanophone. Ce lexique occitan-français en ligne de l'architecture de pierre sèche accessible est une actualisation de l'étude publiée en tant que supplément à la revue L'architecture vernaculaire rurale (1980) puis sous la forme d'un article dans : L'architecture vernaculaire (tome XVI, 1992).
Ce lexique propose un riche vocabulaire spécialisé de la construction et de l'architecture vernaculaire transcrit en graphie classique. 

Introduction :

« ...Pourquoi faire un vocabulaire occitan-français de l'architecture de pierre sèche ? C'est tout d'abord que le Midi de la France est terre d'élection de ce type d'architecture et ensuite que les paysans-constructeurs de cette architecture populaire y avaient pour langue maternelle un des parlers d'Oc. Telle cabane de pierre sèche aura donc une appellation vernaculaire, et ses différents éléments, aménagements, etc., seront désignés par des termes spécifiques. Effectivement, on ne peut qu'être frappé par la grande diversité des désignatifs régionaux, voire locaux, appliqués aux édifices ruraux mineurs. C'est cette richesse que nous avons voulu consigner avant qu'elle ne disparaisse, remplacée par un banal "borie" ou "capitelle". Mais nous nous sommes efforcé également de réunir un vocabulaire descriptif technique qui permette à tout occitaniste intéressé par le sujet d'écrire en "occitan" sur cette architecture... » (Christian Lassure, texte complet sur le site www.pierreseche.com).

Consulter le lexique :

Lexique en ligne sur le site www.pierreseche.com
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Le Petit glossaire occitan de la flore du Dauphiné / par l'abbé Louis Moutier
Moutier, Louis (1831-1903)

Ce glossaire des désignations vernaculaires en occitan de la « flore dauphinoise » (Drôme et une partie de l’Isère) a été publié par l’abbé Louis Moutier en trois livraisons, entre 1889 et 1890, dans le Bulletin de la Société d'archéologie et de statistique de la Drôme.
Louis Moutier (1831-1903) était le chef de file de l’école félibréenne drômoise à la fin du XIXe siècle. Ce lexique botanique est extrait de son monumental et très précieux Dictionnaire des dialectes dauphinois de plus de 25’000 entrées, resté longtemps inédit et conservé à la Bibliothèque municipale de Valence. Il a été publié par Jean-Claude Rixte en 2007 (éd. IEO-Drôme et ELLUG).
Louis Moutier a élaboré une graphie particulière pour transcrire l’occitan tel qu’il était parlé à la fin du XIXe siècle en Dauphiné. La transcription des termes en graphie classique est disponible en annexe de l’édition du Dictionnaire des dialectes dauphinois (J.-C. Rixte éd. scientifique, 2007).

Consulter le Glossaire botanique du Dauphiné de Louis Moutier :

- Introduction et Glossaire (A-J) : BSAD, 23 (1889), p. 480-490 : consulter sur gallica.bnf.fr
- Glossaire (L-P) : BSAD, 23 (1889), p. 613-616 : consulter sur gallica.bnf.fr
- Glossaire (R-Z) : BSAD, 24 (1890), p. 107-111 : consulter sur gallica.bnf.fr

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Statue à la gloire du poète d'Agen, Jasmin
CIRDÒC-Mediatèca occitana

A.D. du Lot-et-Garonne - Fonds Labouche, 26 Fi 47 14

 

Localisation :

Place Jasmin, Agen (47000)

 

Historique du monument :

La ville d'Agen, qui avait au lendemain de la mort de Jasmin pris en charge ses funérailles, rend une nouvelle fois hommage au poète en érigeant place Saint-Antoine, une statue à sa gloire. Elle fait pour l'occasion appel au soutien des admirateurs du poète par le biais d'une souscription.

Réalisée par le sculpteur Vital-Dubray, la statue est dévoilée le 12 mai 1870. Installée sur son socle dès le 22 avril, elle reste jusqu'à cette date dissimulée sous un long voile sombre qui cache ses traits en attente de l'inauguration officielle (cf. CRDP de Bordeaux. C6076, « La statue de Jasmin ». C. Rapin).

Celle-ci se déroule quelques jours plus tard en présence des proches de Jasmin (sa veuve, Magnonet et son fils, Édouard), des membres du Conseil municipal et sous la présidence du député-maire Henri Noubel. L'édile avait quelques mois plus tôt apporté son soutien à l'entreprise au nom du mouvement de défense et de reconnaissance de la langue d'oc, en offrant 50 francs à la souscription. Au son des fanfares et des discours, la journée est dédiée à la mémoire de Jasmin. Frédéric Mistral, venu pour l'occasion de Provence, représente le Félibrige. Les deux hommes ne se sont pourtant jamais rencontrés. Jasmin en effet, autodidacte indépendant, ne fonda jamais d'école autour de son action littéraire comme linguistique, et répondit par la négative à la demande du Félibrige de rejoindre ses rangs. En ce 12 mai 1870 toutefois, Frédéric Mistral adresse au poète d'Agen un vibrant hommage, reconnaissance du rôle joué par son prédécesseur en faveur de la langue occitane.

 

Datation du monument :

Début XIXe siècle

 

Personnes et organisations associées à l'histoire du monument :

Vital-Dubray(1857-1912) – sculpteur, auteur de la statue

Jacques Jasmin (1798- 1864) – sujet de la statue

 

Jacques Boé, dit Jasmin, poète gascon

Jacques Jasmin, poète agenais, figure aux côtés du Provençal Frédéric Mistral, lauréat du prix Nobel de littérature en 1904, parmi les auteurs occitans phares du XIXe siècle. Avec eux, la littérature occitane fait son entrée dans les salons parisiens et acquiert une reconnaissance nouvelle. Jasmin, précurseurs des félibres, ces poètes réunis autour de Mistral, Roumanille ou Brunel, pour la sauvegarde de la langue occitane, n’appartint pourtant à aucun mouvement et se refusa, en dépit de son succès, à former école autour de son œuvre. Il laisse à sa mort, une importante production, depuis lors toujours lue et éditée.

Né le 6 mars 1798 dans une famille modeste de l'Agenais, Jacques Jasmin, de son vrai nom, Jacques Boé, s'installe à son compte en tant que coiffeur dans le quartier du Gravier à Agen dès l'âge de 18 ans. Le jeune homme se livre parallèlement à sa passion pour l'écriture, publiant dès 1822 sa première œuvre dans le Journal du Lot-et-Garonne : Fidelitat ageneso. La parution dix ans plus tard de ses Papillotos

et sa rencontre avec Charles Nodier, le charisme dont fait preuve le poète, brillant orateur, permettent à Jasmin d'acquérir au fil des années ses lettres de noblesses dans le domaine de la littérature, lui qui fait figure d'exception en proposant une œuvre en langue d'oc. Lauréat de nombreuses récompenses dans sa ville comme au rang national - il est honoré du prix Monthyon de l'Académie française, et le jeune Félibrige lui décerne le titre de « Maître-ès-jeux » - Jasmin demeure malgré tout pour la scène littéraire parisienne ce poète-perruquier, selon les mots de Balzac ; poète « patois » victime de préjugés qui entachent sa pleine reconnaissance. Jasmin s'éteint en 1864, le 4 octobre, en pleine gloire. Son enterrement attire les foules tout comme l'inauguration officielle de la statue qui lui est dédié six ans plus tard.  

Caractéristiques et matériaux de construction :

Bronze – statue

Plâtre – médaillon

La sculpture dressée sur la place Saint-Antoine (rebaptisée place Jasmin le 9 mai 1883), non loin de l'ancien salon de coiffure de Jasmin, est une réalisation du sculpteur Gabriel Vital-Dubray (1813-1892). Faite de bronze, elle faillit être fondue durant l'occupation allemande afin que soit récupéré le précieux métal.

Jasmin est représenté appuyé à une colonne, contre laquelle est posée une lyre, rappel de sa fibre poétique. L'auteur est d'ailleurs immortalisé dans une posture oratoire – on retrouve cette même pose, bras droit levé, main gauche sur le cœur dans une lithographie de Bertrand et Oudin- vêtu d'une redingote, son col enserré d'un noeud papillon, montre de gousset apparente.

Le socle, colonne quadrangulaire, porte différentes informations. Sur la face principale, placés sous l'inscription  « À Jasmin », se trouve une plaque figurant deux anges, une lyre et la mention Immortalitat.

Une autre plaque, placée à l'opposé de la précédente, est un rappel aux généreux donateurs à l'origine de l'érection de la statue en mai 1870.

Une dernière enfin, placée au côté droit de la statue, est une citation de Jasmin lui-même : " O ma lengo, tout me zou dit, Plantarey uno estelo a toun froun encrumit »/ « Oh ma langue, tout me le dit. Je placerai une étoile à ton front obscurci ». Ces vers sont extraits de l'épître à Charles Nodier «  Des cranto de Paris ».

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Lexique français-occitan « Les clés de la fête » (gascon-béarnais) / CFPÒC-Aquitània en partenariat avec l'InÒc-Aquitània
CFPÒC Aquitània
InÒc-Aquitània
Ce lexique a été réalisé par le Centre de Formation Professionnelle Occitan d'Aquitaine (CFPOC-Aquitània) et l'Institut Occitan  d'Aquitaine (InOc-Aquitània) à l'occasion de l'édition 2015 du festival Hestiv'Òc de Pau.

On y trouve les civilités, le vocabulaire pour boire et manger, des interjections courantes, le lexique du chant et de la danse, ou encore quelques expressions pour conter fleurette... 

Consulter le lexique :


Ouvrir/télécharger le lexique en .pdf sur le site de l'InOc-Aquitània. 
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L'Agence des musiques des territoires d'Auvergne (AMTA) : au service de la transmission du patrimoine oral auvergnat
CIRDÒC-Mediatèca occitana
L’AMTA, organisme de collecte, sauvegarde et diffusion du patrimoine oral de l’Auvergne participe à la transmission du répertoire musical et dansé auvergnat, matière première pour la création artistique actuelle.

Pour contacter l'établissement

Agence des Musiques des Territoires d'Auvergne (AMTA)
1 route d’Ennezat - BP 169 F- 63204 RIOM cedex
Tél : 04 73 64 60 00 | Fax : 04 73 64 60 09
contact@amta.fr
http://lafeuilleamta.fr

Historique et missions

Créé en 1985, l’Agence des Musiques des Territoires d’Auvergne a constitué une équipe de collecteurs qui se sont rendus sur les territoires d’Auvergne pour enregistrer récits, connaissances, savoir-faire et récits de vie amenant à la constitution d’un fonds documentaire centré sur le patrimoine oral régional.

L’AMTA assure également la diffusion et valorisation de ce patrimoine par la mise en place d’actions culturelles sur le territoire, la sensibilisation et la formation des acteurs du milieu musical, professionnels de la culture, de l’éducation et du tourisme.

Les collections occitanes de l'AMTA

L’AMTA conserve aujourd’hui des enregistrements sonores, vidéos, des photographies et partitions issues d’enquêtes, pour la plupart ethnomusicologiques, réalisées de 1950 à aujourd’hui, dont un grand nombre en langue occitane. Ces documents issus de collectes abordent pour la plupart les sujets du chant, de la musique et de la danse de tradition orale ainsi que témoignages autour des savoir-faire traditionnels et récits de vie sur le territoire auvergnat.

Ces enquêtes ont été réalisées sur le terrain par des structures et associations concernées par le Patrimoine Culturel Immatériel ainsi que par des particuliers, collecteurs passionnés.

Depuis 2010, l’AMTA mène une campagne de numérisation et de mise en ligne de ses fonds, aujourd’hui constitués de plus de 1000 heures de son, 800 heures de vidéo et 10 000 photographies.

Instruments de recherche disponibles et patrimoine occitan numérisé

Les enregistrements sonores numérisés sont consultables depuis la Base Interrégionale Patrimoine Oral.

Le fonds photographique est, lui consultable via la photothèque des archives départementales du Puy-de-Dôme.

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Fête de l'Âne de Bessan / Hélène Morsly, réalisatrice
Morsly, Hélène. Metteur en scène ou réalisateur.
L'Âne est l'animal dit totémique de Bessan (Hérault).

Chaque année, la Saint-Laurent, la grande fête des Bessanais, se déroule en août sur cinq jours, week-end inclus. Les sorties de l’Âne constituent les moments forts de ces journées connues aussi sous le nom de « fête de l’Âne ». Le dimanche en est marqué par une messe et une bénédiction en présence de l'animal qui précèdent la déambulation dans les rues de la ville.

Ces images filmées par Hélène Morsly les 9 et 10 août 2014 donnent à voir ces rituels.
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COMDT, Fonds Francine Lancelot
Ficat, Marion

Histoire du fonds

Francine Lancelot (1929-2003), chercheuse, danseuse et chorégraphe s’est très tôt intéressée aux danses traditionnelles régionales et à l’étude des danses anciennes, populaires et savantes. Elle devient dans les années 1960 l’actrice d’une véritable redécouverte des danses baroques.

Élève de François Malkovsky, de Mary Wigman puis de Françoise et Dominique Dupuy, elle travaille auprès de Pierre Conté au théâtre de l’Atelier où elle est initiée à la notation chorégraphique Conté. Danseuse, chorégraphe et comédienne à Saint-Etienne, Francine Lancelot rencontre une troupe de danses traditionnelles yougoslaves qui l’amène à s’intéresser au répertoire traditionnel français.

Elle se forme alors au collectage des chansons et danses traditionnelles auprès de Jean-Michel Guilcher. Elle est par la suite missionnée par le CNRS pour recueillir les répertoires populaires chantés et dansés en France et participe notamment au programme RCP (Recherche Coopérative sur Programme) Aubrac où elle réalise des films de collecte sur des danseurs de bourrée. Elle réalise ainsi entre les années 1960 et 1970 des collectages autour des pratiques dansées traditionnelles dans l’Aubrac, en Provence et Languedoc, en Vendée, Haute-Bretagne, Béarn, Gers et Landes.

En 1973, elle soutient une thèse de 3° cycle en ethnologie historique à l’Ecole Pratique de Hautes-Etudes autour des sociétés de farandole en Provence et Languedoc1, dans laquelle elle s’attache à l’étude du rapport entre pratiques populaires et pratiques savantes.

S’intéressant également à la danse baroque, elle fonde dans les années 1980 sa compagnie Ris et Danceries qui lui permet de fédérer musiciens, musicologues, décorateurs, costumiers et passionnés de danse baroque. Elle publie en 1996, La Belle Dance2, catalogue raisonné des partitions chorégraphiques du XVIIIème siècle.

A la fin de sa vie, pour assurer la transmission et l’accessibilité de sa documentation Francine Lancelot a confié ses archives à plusieurs centres spécialisés, dont le COMDT.

Modalités d'entrée :

Dépôt

Accroissement :

Fonds clos

Fonds complémentaire :

Centre National de la Danse, Archives Francine Lancelot et Compagnie Ris et Danceries

BnF, Département des Arts du Spectacle, Fonds Ris et Danceries

UPCP-Métive, Fonds Francine Lancelot

Phonothèque de la MMSH, Corpus : Les sociétés de farandole en Provence et en Languedoc

Dastum, Fonds Francine Lancelot

Description du fonds

Corpus d’enregistrements sonores et audiovisuels réalisé dans le cadre d’une recherche sur les rondes chantées dans le Gers (Savès), Béarn et Landes (Albret et Grande-Lande) constitué pour partie en collaboration avec le CNRS. Ce corpus contient 5 versions de chants ainsi que 46 versions instrumentales collectés entre 1976 et 1977.

Dates extrêmes :

1976-1977

Langues représentées dans le fonds :

Occitan (gascon)

Français

Importance matérielle :

Enregistrements sonores : 02:00:00, Images animées : 01:00:00.

Supports représentés :

Enregistrements sonores

Documents audiovisuels

Pour le consulter

Identifiant du fonds :

 

Instruments de recherche disponibles :

Fonds inventorié sur le catalogue en ligne du COMDT

Conditions d'utilisation

Conditions de consultation :

Fonds consultable sur place

Conditions de reproduction :

Reproduction soumise à autorisation

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